Communiqué de presse Le Rapport DUCLERT sur les archives françaises Appel à plus de recherches et de vérité sur le génocide des Tutsi

Communiqué de presse Le Rapport DUCLERT sur les archives françaises Appel à plus de recherches et de vérité sur le génocide des Tutsi

Réseau International Recherche et Génocide (RESIRG asbl)
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Communiqué de presse
Le Rapport DUCLERT sur les archives françaises
Appel à plus de recherches et de vérité sur le génocide des Tutsi
Le 26 mars dernier était publié le “Rapport de la Commission de recherche sur les archives françaises
relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi”. Le Réseau International Recherche & Génocide (RESIRG
asbl) voudrait saluer le pas important qui vient d’être franchi en termes de déclassification des archives de la
Présidence, en termes de reconnaissance du rôle et de l’engagement de la France pendant le génocide en cause
et, tout singulièrement, en termes d’élucidation de la problématique de qualification. Dans ses conclusions, le
rapport met en lumière, sans détour et sans ambages, la “faillite militaire et politique de la France” de 1990 à
1994, avant de conclure sur “un ensemble de lourdes et d’accablantes responsabilités”, politiques,
institutionnelles, intellectuelles, éthiques, cognitives et morales de l’Etat français dans le génocide énoncé, et
dénoncé.
RESIRG asbl considère que le Rapport reste incomplet sur certains points. La question de la complicité de la
France dans le génocide des Tutsi reste ouverte, faute d’éléments probants dans les archives déclassifiées,
malgré la reconnaissance de diverses opérations de formation de l’armée génocidaire, malgré le soutien et la
protection apportés au Gouvernement génocidaire, ainsi que son exfiltration, vers un lieu sûr, l’ex-Zaïre (actuelle
RDC). La notion de ‘complicité’ retenue par le rapport définie comme « volonté de s’associer à l’entreprise
génocidaire » apparaît incomplète au regard de la définition du Tribunal pénal international pour le Rwanda
(TPIR) qui inclut également l’aide et l’assistance à un génocide en toute connaissance de cause1
.
La Commission Duclert reconnaît, également, que « certains documents ont sans doute échappé » à sa
vigilance. En filigrane dans le texte, elle signale, par exemple, les cases vides, comme les archives de
l’Assemblée nationale (relatives à la mission parlementaire de 1998 sur le Rwanda) ou de Jean-Christophe
Mitterrand. Ces manquements justifient la nécessité de poursuivre recherches et enquêtes, qu’elles soient
scientifiques ou, par la suite, à situer sur le plan judiciaire. La Commission reconnaît elle-même que ses
recherches constituent un point de départ de recherches et d’investigations futures.
Les archives de la commission belge d’enquête parlementaire sur le génocide en question constituent une source
intéressante pour cette poursuite. Au-delà de son enquête parlementaire, la Belgique devrait d’ailleurs emboiter
le pas à la France, en mettant en place une commission destinée à dégager les responsabilités, tant individuelles
que collectives, pour aller vers plus de connaissances et de vérité sur le génocide des Tutsi.

1
Voir notamment le jugement du TPIR du 7 juin 2001 dans l’affaire Ignace BAGILISHEMA (ICTR-95-1A), para. 71 Le Réseau International Recherche & Génocide (RESIRG asbl) en appelle à tous ses partenaires, dans le cadre
qui est spécifiquement le sien, pour la mutualisation de leurs efforts, en vue de compléter le travail accompli dans
le Rapport Duclert.
Fait à Bruxelles, le 05 avril 2021
Pour le Réseau International Recherche & Génocide (RESIRG asbl)
Déo MAZINA, Président

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